Lieux historiques et particularités.

L’ÉGLISE SAINT MARTIN-SAINT LOUP.

L’église Saint-Martin-Saint Loup est datée des années 1300. Les archives départementales nous permettent de dater de l’an 1781 l’arrivée du premier curé de Cernoy, l’abbé Jean Gaurier qui, sous la terreur, vécut caché dans une maison sûre, tout en célébrant tous les jours la messe devant quelques fidèles. En 1792, il signe le dernier acte de l’état civil, qui devait être tenu par un ecclésiastique.

Ce ne sera qu’après la signature du concordat, en 1800, que l’église de Cernoy recommencera a prendre vie. Perregrand de Sauvallier sera curé titulaire 1806 à 1829. Plus tard, le bulletin mensuel de l’abbé Billebault ‟l’Echo de nos paroisses” nous fait vivre au jour le jour le combat du bon abbé contre les mœurs de l’époque qu’il juge dissolues et ramène ses ouailles dans le droit chemin. Mais ce sera en 1858, avec l’arrivée de l’Abbé Félix Desforges, que l’église va devenir le centre des préoccupations. Une histoire mouvementée, qui a duré de longues années, accompagne des changements survenus sur la place du village avec le transfert de l’ancien cimetière, la construction d’une nouvelle église et la démolition de l’ancienne, maintes péripéties nourries de conflits entre les cléricaux et les anticléricaux. Divers projets architecturaux sont refusés puis repris, jusqu’à la bénédiction de la nouvelle église qui anime le village. En 1995 un incendie causé par la foudre nécessite de refaire le clocher.

Des particularités sont à remarquer concernant l’église :

– le mystère de l’orientation Nord de la nef et du chœur qui ne respecte pas les règles liturgiques.

– une superbe girouette, qui indique les points cardinaux, avec au-dessus un ange soufflant dans une fine et longue trompette, se situe sur le toit de l’Église. Restaurée par un artisan de Cernoy en Berry, elle fut remise en place en 1995. Elle fait souvent l’objet d’une question dans les rallyes automobiles ou cyclistes régionaux.

 

LA LEGENDE DE LA FONTAINE SAINT LOUP.

On ne sait pas exactement à quand remonte le culte de Saint Loup, pas plus que l’on ne connaît les origines de la fontaine dédiée à ce Saint. Les archives les plus anciennes sont muettes à ce sujet et la tradition orale n’a rien gardé de ce souvenir. Il paraîtrait que Saint Loup, ayant marché très longtemps dans la région, couverte de sources, se soit arrêté un soir à cet endroit et ayant soif, aurait bu à la source. On peut aussi imaginer que ce nom provient du fait que de nombreux loups peuplaient la région en ces temps et que la peur du loup a engendré une Fontaine Miraculeuse au nom de Saint Loup guérissant de la peur. Mais tout cela n’est qu’hypothèses.

Dans les registres paroissiaux, il faut remonter à 1793 (ce qui prouverait que cette manifestation se déroulait dans des temps assez reculés), pour voir figurer de brèves notes concernant ce pèlerinage, mais sans autre indication.

En 1886, à l’occasion de la démolition de l’ancienne église, cette statue de pierre qui était dans l’église et à laquelle on avait refait la tête et les bras, fut fixée sur un piédestal. Elle fut alors transportée dans un champ en bordure de la fontaine.

Pour cinq sous l’on faisait dire une prière par le curé, l’on emportait, qui un bout de bois de la croix, qui une fiole d’eau de la source. Par une espèce de jeu de mots approprié, celle-ci avait en effet la faculté de guérir de la peur. Aussi, certains parents s’empressaient-ils de tremper entièrement une chemise, des pièces de linge appartenant à des enfants qu’on voulait protéger de la peur. Tout cela n’est plus maintenant qu’une légende.

Mais le temps, “C’grand souffleu d’chandelles” a fait que la croix s’est écroulée, la statue, érigée dans les années 1880 environ, a disparu. La nature ayant repris ses droits, dans les années 1950, il ne restait qu’un trou rempli d’épines et le socle endommagé de la statue. Une souscription pour la rénovation de la statue a eu lieu en 1985. L’inauguration en a été faite le 8 septembre 1985. Et en septembre 1890 a eu lieu la bénédiction d’une nouvelle croix en remplacement de l’ancienne trop vétuste. Puis les pèlerinages allèrent en s’espaçant pour cesser définitivement.

Cependant Cernoy-en-Berry a repris sa tradition, car chaque 2e dimanche de septembre, après la messe traditionnelle, a lieu la procession jusqu’à la fontaine où le prêtre bénit les fidèles avec l’eau de la fontaine. Cette journée placée sous le vocable de “fête de la Saint Loup” est la fête du village.

Ci-dessous un poème en patois berrichon, illustré, de Camille Delamour sur la Fontaine du Bon Saint Loup.

LA PIERRE DE L’ÊTRE SUPRÊME.

Cette stèle a été trouvée dans un champ sous les broussailles du chemin du Petit Bray, à proximité du village. Elle porte l’inscription ‟ À l’Être Suprême ”. Elle a été installée dans l’Église, comble du paradoxe, car en totale contradiction avec la religion catholique !

Elle est le symbole de l’athéisme, culte instauré pendant la période révolutionnaire par Robespierre, visant à supplanter la religion catholique, instaurant un calendrier de fêtes républicaines se substituant aux fêtes religieuses. Le culte de l’Être Suprême des montagnards déistes (printemps – été 1794) est, en France, un ensemble d’événements et de fêtes civiques et religieuses. Il est explicitement fait référence à l’Être Suprême dans le préambule de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, pilier du système juridique, politique et social français : « L’Assemblée nationale reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l’Être Suprême, les droits suivants de l’homme et du citoyen ».

Ce culte marque une rupture avec la déchristianisation qui a accompagné la Révolution française. Robespierre, déiste, veut mettre fin à l’athéisme militant des révolutionnaires et unifier les Français autour d’un culte commun, tout en renforçant la mainmise de l’État sur la religion. Ce culte se voulait une expression des idéaux des Lumières: liberté (d’expression, de pensée), égalité.

LES CALVAIRES.

Nombreux sont les calvaires au détour des chemins qui entourent le village. Ils manifestent le temps où la passion du Christ devait être rappelée aux voyageurs. Les croix parlent par leurs symboles et leurs inscriptions de la foi vive et active de nos ancêtres. Elles sont en somme un résumé illustré de la doctrine chrétienne et catholique de notre pays. On en dénombrait, au début du siècle dernier, plus d’une vingtaine sur les routes et chemins de la commune. Croix silencieuses qui veillaient sur le monde, mais croix perdues dans les ruines ou les buissons, tombées dans l’oubli et l’usure du temps.

 

LE PUIT COMMUN.

Il se situe sur la petite place, à l’entrée de la route de Blancafort. Avant l’arrivée de l’eau de la ville, dans les années 1960-1970, les habitants de ce quartier du bourg se ravitaillaient en eau potable au “Puits commun”.

Souvent on faisait la queue pour tirer deux seaux d’eau. Pendant ce temps-là, les commérages allaient bon train.

Une anecdote rapportait que c’était grâce à l’eau du puits commun, qu’il avait bue, que M. Léon Thévin, dans les années 1950, avait atteint l’âge de 103 ans, ce qui paraît paradoxal, car il était marchand de vin et il aimait bien son “P’tit coup de rouge”.

LE PUIT DES BORSES.

Cet ancien puits se situe près du lavoir, sur le chemin du Moulin des Borses. Il est probable que ce puits, qui se dresse à proximité d’une longère nommée ” la Graverotte”, servait, dans l’ancien temps, à alimenter les habitants de cette partie du bourg en eau potable.

Près de ce puits, il existait également un four à chaux, béni le 27 mai 1883, appartenant à M. Besle, qui l’avait conçu dans le but de rendre service pour la construction de l’église. Il avait même ouvert une carrière dans sa terre des “Blines” au dessus du Chemin des Borses. Malheureusement, les pierres ne furent pas utilisables, mais la chaux était de bonne qualité et M. Besle s’engagea à en fournir la quantité voulue. Quelques vestiges du four à chaux existent encore, mais sont inaccessibles.

LE LAVOIR.

Lieu emblématique de Cernoy, car c’est ici que s’est bâtie l’histoire qui vaut, aujourd’hui encore, à notre village le surnom de “Cernoy les Bérouettes”. Ce lavoir est à l’image de tous ceux existant dans de nombreuses communes du Berry. Il est construit sur le bief du Moulin des Borses avec son eau claire et est alimenté par la rivière “Notre-Heure” qui traverse paisiblement le village.

Aujourd’hui, on a du mal à imaginer l’importance que revêtait le lavage du linge de la famille pour les femmes des villages. Cette tâche fastidieuse et pénible avait au moins un mérite, elle permettait aux villageoises de se rencontrer, de “cancaner” et de prendre des nouvelles des hameaux éloignés, ce qui valait souvent aux lavoirs le surnom d’ “Hôtel des Bavardages”.

Naturellement, à cette époque-là, cela provoquait autour du lavoir une animation et un joyeux désordre, amplifié par le fait que les “Rouliers, qui transportaient du bois, arrêtaient leurs “Grand’s Voitures” pour jumeler les chevaux afin de faire gravir aux attelages la côte de Chatillon sans trop d’efforts. Un jour où ces dames étaient nombreuses au lavoir, le cocher de l’omnibus à cheval de la gare de Châtillon sur Loire, avec ses récriminations, a dû énerver les lavandières. .Ces dames l’ont invité à entrer dans le lavoir, et là….. “PLOUF”….. il a terminé … “L’ CUL DANS L’IAU”… comme on dit dans le Berry. Ainsi la Légende du lavoir était née pour notre plus grand plaisir et pour celui de Camille Delamour, poète patoisan berrichon, qui en a fait un poème. En 2003, cette légende a servi de thème à la création de la Confrérie des “Bérouettes” et des Traditions de Cernoy en Berry.

Notre lavoir a vraisemblablement été construit vers 1850 et, grâce aux Municipalités successives, il a été restauré et maintenu en parfait état.

Parfois, l’été, par de chaudes nuits de pleine lune, on voyait des ombres se faufiler sous le lavoir. C’était le lieu de rendez-vous des amoureux. Ah ! si les murs pouvaient parler, ils nous raconteraient de bien belles histoires d’amour !

Ci-dessous,”Çarnoué les Bérouettes”, en patois berrichon, texte de Camille Delamour, récité par Jean Bissonnet

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