La seigneurie de Cernoi.

On raconte que la châtellenie de Cernoi, l’un des plus nobles fiefs du comté de Sancerre, aurait appartenu :

-vers 1300 à Sylvie de Sully (fille de Jean et de Marguerite de Bourbon) marié à Jean de Melun ;

-puis par le jeu des mariages, elle aurait appartenu en 1368, à Alix de Beaumont, en 1469 à Pierre Villeblanche, en 1539, à la famille Chenu, puis à la famille Perrière, (seigneur de la Vaiserie).

-par le mariage de Gabriel de Jaucourt gentilhomme de la Chambre du roi et de la fille de Claude de la Perrière et de Sylvie d’Orléans, le château de la Vaiserie, dit de Cernoi, devint le berceau de la huitième branche des Jaucourt en 1687.

Gabriel de Jaucourt, ayant de grandes possessions et occupant les plus hautes places, a joué un rôle très important au Moyen-Âge. Après la mort de Sully (1641), les protestants du Sancerrois, s’étaient mis sous la protection du seigneur de la Vaiserie, Philippe de Jaucourt, dont la femme, catholique, était devenue protestante sous la pression des siens. Elle fut dénoncée. Indigné, le pasteur de Châtillon prononça des paroles très dures contre Philippe qui fut dénoncé à son tour. Tous deux furent punis et condamnés à faire amende honorable, pieds nus, la corde au cou, tenant dans leurs mains une torche ardente de trois livres.

Le dernier des seigneurs fut le marquis Alexandre Charles de Jaucourt, baron de Cernoi, né en juillet 1737, marié à Sophie de Charponnet en septembre 1766, mais le couple n’aura pas d’enfant et se séparera. Sa vie fut aussi mouvementée que celle de ses arrière-grands-parents. Il se retire en 1717 et vit seul à Cernoy, avec des séjours à Arconcey, en Côte d’Or, de 1778-1779 jusqu’en septembre 1793, date à laquelle il quitte Cernoi, pour Arconcey, poursuivi par les républicains de Châtillon, et est en état d’arrestation (à sa demande et avec l’appui des habitants de cette commune). Transféré le 6 mars 1794 à Paris, conduit à la prison Sainte Pélagie. Un certificat de civisme est demandé à l’assemblée générale de Cernoi, qui le rédige le 18 mars 1794. Ce certificat ne parviendra jamais à Paris. Emprisonné à la Conciergerie en avril 1794, il est jugé et condamné à mort pour participation à un complot contre-révolutionnaire à la prison de Dijon. Il fut guillotiné le 17 floréal An II (6 mai 1794)

Les archives et les meubles du château furent détruits et les terres, devenues ‟bien nationaux”, furent rachetées par les époux Laforges-Houdray. 

Le château fut démoli en 1864.

LE CHÂTEAU DE LA VAISERIE.

Il est situé à flanc de colline entre la route de Saint Firmin sur Loire et la route d’Autry le Chatel à environ deux Kms du centre bourg. Au XVIIIe siècle, l’accès le plus direct du bourg au château, passait par le Moulin des Bosses (nom transformé plus tard en Moulin des Borses). Ce chemin aboutit en face du Lavoir du village. On accède maintenant au château par un chemin goudronné depuis la route de St Firmin.

L’entrée du domaine du château était un grand portail couvert, à deux pilastres portant gravé dans la pierre de taille les inscriptions suivantes: sur celui de gauche: Jaucourt; sur celui de droite: Jean et Anne. On pouvait lire aussi sur celui de gauche: 1634

La Grange est un bâtiment crépi, couvert de tuiles, avec murailles en “marnéziau” (terme du patois local qui
désigne une marne dure siliceuse qui contient beaucoup de calcaire). Elle n’est pas très vaste, elle n’était probablement pas destinée à recevoir la dîme qui était affermée.

Les Écuries, qui venaient après la grange, faisaient face, au sud-ouest, à une grande cour. Elle ne pouvait servir que pour les bêtes de culture et de basse-cour, telles que chevaux de labourage, vaches, cochons, chèvres, car le domaine était bien affermé quand son dernier seigneur a été guillotiné.

L’entrée ordinaire du château donne sur cette grande cour, ainsi que l’entrée de la cave voûtée qui, elle, subsiste encore. Rien ne reste aujourd’hui des écuries.

De la cave voûtée partait l’escalier allant vers les cuisines du château.

En suivant l’allée qui mène à la demeure seigneuriale, d’après le plan cadastral, on devait découvrir une maison qui subsiste encore aujourd’hui et qui serait la “première maison seigneuriale”. Depuis, elle a été restaurée. Son pignon, opposé à l’allée centrale, présente l’assise d’une petite tour et la construction extérieure d’un four de bonnes dimensions.

La façade de cette maison donne sur une seconde cour appelée “Cour d’Honneur”, limitée à l’opposé, par les écuries, destinées aux chevaux de selle et aux chevaux que l’on attelait aux carrosses. Les propriétaires actuels ont conservé une fresque, existant sur la façade, et qui représentait une sorte de char romain tiré par un lion…

Au siècle dernier, on voyait encore le départ d’un souterrain qui partait derrière le Moulin des Borses jusqu’au château. On raconte que du château partait un souterrain jusqu’à l’autre côté du vallon, même jusqu’à Sancerre (?). On parle encore du trésor des partisans du Prince de Condé caché, pour échapper au Cardinal Mazarin. On aime les mystères dans le Pays Fort.

Récemment, les restes du château ont été rénovés et transformés en un Gîte tout confort.

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