Les maisons.

Rare particularité, Cernoy-en-Berry présente
une palette de tous les styles des maisons de la Région.
 

Cette diversité s’exprime grâce aux différents matériaux rencontrés sur le territoire, le milieu naturel, les ressources du sol et les pratiques locales.
Le sol est principalement argileux, donc les murs étaient montés à base de terre mélangée à de la paille comme le torchis, ou de briques d’argile cuites au four.
On trouve aussi les grés sombres mélangés avec les silex que l’on réserve dans les angles ou à l’édification des murs et des soubassements, protégeant en ce cas les habitations de l’humidité remontant du sol.Contrairement à ce qu’on pourrait croire d’un pays calcaire, la pierre ne joue dans la construction qu’un rôle limité : piliers d’angle des maisons, soubassement, entablement des portes et des fenêtres.


Le pan de bois
désigne une construction dont l’ossature est formée d’un assemblage de pièces de bois. L’essence communément employée est le chêne. Les intervalles entre ces pièces sont obturés par un remplissage appelé hourdi constitué de divers matériaux : torchis sur clayonnage, briques, moellons, pierres ou plâtre… Légère et résistante, cette architecture ne nécessite pas de fondations très profondes. Souvent, la structure repose sur un simple solin (muret en maçonnerie) pour protéger le bois de l’humidité du sol.


Le torchis
est utilisé en remplissage des structures en bois, ou plus rarement seule. Il est obtenu à partir d’une terre argilo-limoneuse à l’état de pâte molle malaxée avec de la paille. Non porteur, il est utilisé pour hourdir une armature en bois. Cette technique, compatible avec un climat à fortes précipitations, a été largement utilisée en Sologne, forêt d’Orléans, Val de Loire et Berry, il peut être aussi recouvert d’enduit à la chaux.


La brique remplace le torchis
grâce au développement des briqueteries, transformant fondamentalement l’habitat, puis devenant le matériau principal. Son utilisation, omniprésente à partir de 1850, offre aux bourgs solognots une harmonie rouge typique et originale. L’argile solognote appelée «terre mince», contient notamment beaucoup d’alumine qui donne aux briques leur couleur rose caractéristique.
Les toits de chaume, ont fait place aux petites tuiles plates sur les toitures laissent voir la corniche souvent ornée.
Les peintures des menuiseries arborent des teintes traditionnelles : sang de bœuf, ocre, lie de vin ou gris.


Le silex
, principalement composé de silice, forme des accidents dans les strates calcaires et se présente sous la forme de rognons de teintes variées (rouge, jaune, gris…) aussi appelés têtes de chat. Il était en général collecté lors des labours, puis trié et débité. Il a été très utilisé comme roche à bâtir dès le XIXe siècle dans l’habitat traditionnel. Ce matériau pauvre mais très dur est notamment employé dans les régions dépourvues de pierres plus faciles à travailler : Gâtinais, Sologne, Puisaye…
Le silex servait à la fois à l’édification des murs et des soubassements, protégeant en ce cas les habitations de l’humidité remontant du sol.
Lors de la construction d’un mur, les rognons sont empilés et mêlés à des moellons calcaires ou à des cailloux de rivière avant d’être noyés dans un mortier. Ces appareillages mixtes, confèrent aussi une meilleure stabilité au bâtiment. Ces pierres sont grossièrement taillées (l’équarrissage se fait au marteau) afin d’être posées en lits successifs et parallèles. Elles sont appelées moellons. Assemblées au mortier de chaux, de manière plus ou moins horizontale, elles créent ainsi des joints incertains.
Dans le but de renforcer la maison, les chaînages d’angles ainsi que l’encadrement des ouvertures sont réalisés en brique.


Le calcaire
d’origine lacustre compose l’essentiel du sous-sol du Loiret. Ce matériau de couleur grise à beige ou blanc, a fréquemment été utilisé pour la maçonnerie traditionnelle. Il était extrait à faible profondeur dans des carrières locales ou lors du percement d’une cave puis réemployé en élévation.
Les moellons, simplement équarris, servaient à la construction des murs. Ils étaient assemblés selon différentes méthodes et étaient laissés apparents ou bien protégés par un enduit couvrant. Dans ce cas les ouvertures devaient être dessinées et renforcées par des blocs plus gros, à pierres vues. Le calcaire de qualité moindre entrait dans la fabrication de la chaux, ingrédient indispensable dans l’élaboration des enduits. Les pierres les plus dures, une fois taillées, étaient réservées pour l’encadrement des ouvertures et le chaînage des angles.
Edmond Besle, habitant de Cernoy possédait une carrière dans le ‟Chemin des Marnes” mais la pierre étant trop fragile pour construire l’ensemble des maisons, il fit réaliser un four à chaux à la ‟Graverotte” qui servit entre autres au liant et l’enduit des pierres de l’Eglise.


Les enduits à la chaux
recouvrent les façades des maisons traditionnelles dans le Loiret. La Beauce utilise une technique dite enduit à pierres vues laissant visibles en partie les moellons de calcaire utilisés dans la construction. Mais on en voit aussi à Cernoy.
Les enduits protègent les maçonneries des intempéries et embellissent l’édifice en lui donnant un aspect fini et une tonalité particulière. La chaux, obtenue par la cuisson du calcaire entre 800 et 1000° C, était fabriquée localement dans les nombreux fours présents sur tout le territoire. La chaux d’autrefois, comme la chaux naturelle produite encore aujourd’hui, avait l’avantage de laisser les murs respirer.
Le sable qui donnait une couleur naturelle à l’enduit, pouvait provenir de la Loire. Des briques ou des tuiles pilées étaient aussi ajoutées en Beauce de l’est et dans l’ouest du Gâtinais. Ce mélange appelé ciment de tuileau, teinte d’un léger rose les bâtis anciens.

Les jeux de briques, éléments constructifs en terre cuite, elle offre une bonne résistance mécanique et chimique. Stable aux écarts de température, incombustible et à faible dilatation, une fois cuite, elle ne se rétracte plus. Elle régule l’hygrométrie (un mur en brique ne ruisselle pas), mais sa porosité l’expose au gel.
En Sologne et Gâtinais, les murs sont ornés de dessins géométriques de briques flammées ou vernissées dont la tradition locale remonte au XVe siècle. Selon la teneur en oxyde de fer de la terre, les fournées et leur place dans les fours, les briques présentent des nuances autorisant des motifs (croix, dates, losanges…) sur les murs, corniches et cheminées.
Parfois associée à d’autres matériaux, la brique peut être cantonnée aux chaînages d’angles et encadrements d’ouvertures (Gâtinais, forêt d’Orléans et Berry), jouant un rôle structurant. Les briques de faible épaisseur appelées chantignolles remplacent le torchis des pans de bois (Sologne et Gâtinais). Disposées horizontalement ou plus souvent en feuille de fougère, elles ont une fonction de remplissage et d’étanchéité en conservant leur dimension décorative.

En se promenant dans les rues de Cernoy-en-Berry, on observe donc tous ces types d’architectures.

On peut, au-dessus des portes de certaines maisons, lire les inscriptions qui indiquent leur date de construction ou observer un symbole. A la maison dite du tailleur de pierre on remarque un archipendule, qui permettait de déterminer l’horizontalité. C’est l’ancêtre du niveau à bulles. Cette maison pourrait donc être celle d’un tailleur de pierre, d’un maçon ou d’un charpentier. Ce symbole est incomplet, car celui du compagnonnage comporte plus d’outils. Ce seul triangle avec le fil à plomb n’est pas non plus un symbole maçonnique. Il pourrait être celui des compagnons “couvreur de toit”.

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